Par Nana Rosine Ngangoue
Cinq bonnes années se sont écoulées depuis l'adoption des plates-formes d'action de Dakar et de Beijing, fruits de l'engagement de la communauté à protéger et à promouvoir les femmes et la jeune fille.
La sixième conférence régionale africaine sur les femmes qui se tient du 22 au 27 novembre à Addis-Abeba en Ethiopie s'attèle à l'évaluation à mi-parcours de ce processus destiné à assurer une place plus importante à la femme dans la réalisation du progrès mondial. Les différentes déclarations préliminaires faites lors de la cérémonie d'ouverture de la conférence indiquent que les resultats n'ont pas été à la hauteur des espérances.
Si, 5 ans après Beijing, des progrès considérables ont été réalisés au niveau des Etats africains en matière de promotion de la femme, les experts en genre reconnaissances cependant que beaucoup reste à faire.
"Nous avons encore un long chemin à parcourir. Les femmes en Afrique sont encore privées du droit à la terre et à l'héritage. Les femmes ne bénéficient pas encore d'un accès équitable à l'éducation etc.", a déclaré K.Y Amoako, Secrétaire exécutif de la Commission Economique pour l'Afrique( CEA), lors de la cérémonie d'ouverture de la conférence.
Le document de synthèse des rapports nationaux sur la mise en œuvre des plates-formes d'action de Dakar et de Beijing indique que d'une manière générale, les pays ont fait preuve d'une volonté politique et ont manifesté leur engagement à promouvoir un environnement favorable à la prise en charge des problèmes de la femme et à améliorer son statut.
Nombre de pays ont également procédé à des reformes législatives et adopté des Constitutions ou lois fondamentales qui consacrent l'égalité entre les sexes. Des lois et autres textes juridiques qui confortent l'intégration des femmes dans la vie publique et privée existent dans la plupart des pays 43 pays africains qui ont fait parvenir leurs rapports nationaux à la CEA.
Amoako souligne que l'adoption des lois ne suffit pas pour améliorer la condition de la femme.
"Dans les institutions, les administrations et particulièrement les législatures, les actions doivent suivre. Nous savons tous qu'il est plus facile de changer une loi que de la mettre en œuvre. Les lois sont codifiées sur le papier mais les comportements tardent à changer", a dit Amoako.
Les pays ont fait de la lutte contre la pauvreté une priorité. Des progrès ont été réalisés dans la lutte contre la pauvreté grâce à la volonté politique exprimée par les pays. Mais il n'en demeure pas moins que dans beaucoup de pays, plus de 70 pour cent de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté et la majorité est constituée de femmes. Le nombre des indigents, des mendiants, des enfants de la rue, des prostituées etc. ne fait que s'accroître.
Dans plusieurs domaines, les problèmes persistent. En matière d'éducation et de formation, des disparités subsistent. Le domaine de la santé se caractérise toujours par un taux élevé de mortalité infantile et maternelle ainsi que des traumatismes physiques et psychologiques résultant de la violence dont sont victime les femmes, souligne le secrétaire exécutif de la CEA.
Le Sida qui touche de plus en plus les femmes et le non-respect des droits humains de la femme de l'Homme et l'émergence des conflits armés sont autant de nouvelles contraintes que les participants à la sixième conférence doivent prendre en compte dans leurs analyses.

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