Par Nana Rosine Ngangoué
L'organisation non gouvernementale Abantu pour le Développement lance une alliance pour le plaidoyer en genre et politique (GAP), dont le but principal est de renforcer les capacités des OGNs à influencer les politiques des gouvernements à fin de les rendre plus sensibles aux questions de genre.
Les objectifs de l'Alliance sont entre autres le partage des informations, la promotion des bonnes pratiques et le renforcement des capacités des organisations de femmes et des associations qui travaillent en collaboration avec les femmes africaines.
L'Alliance se donne également pour mission d'améliorer l'élaboration des politiques en s'assurant que les besoins et les expériences des femmes africaines sont pris en considération par les décideurs et leurs conseillers.
La formation des ONG sur le renforcement des capacités des femmes, la réalisation des enquêtes sur les politiques existantes et leur amélioration si possible, sont autant de taches auxquelles l'Alliance se consacrer.
Abantu pense qu'il est nécessaire de domestiquer les politiques et les regarder sous une perspective africaine. Pour cela, la collaboration entre les ONGs est vivement souhaitée.
L'invisibilité des femmes aux postes de prise de décisions constitue un handicap considérable qui ne permet pas d'influencer les politiques nationales.
Les ONG pensent que l'accès à une justice équitable passe par la capacité des femmes à intervenir dans la préparation et la mise en œuvre des politiques nationales. Pour cela, elles doivent être représentées aux postes de décision, en partant des plus petites cellules locales aux grandes institutions nationales.
Or, de nos jours, peu de femmes sont représentées aux postes de prise de décisions. Elles sont sous représentées dans les Parlements, dans les gouvernements et dans les cabinets ministériels. Même au niveau des conseils municipaux auxquels dépend énormément la vie des femmes de la base, les femmes sont absentes. Ironiquement, les marchés qui sont contrôlés par les femmes de l'informel, sont gérés en majorité par les hommes.
Pour combler cette lacune, les ONGs proposent l'adoption des actions affirmatives. Cela inclut le renforcement des capacités des femmes à se réunir à travers des partis politiques, et à occuper des hauts postes au sein de leurs partis. Les femmes sont encouragées à tisser des alliances avec les hommes pour les inciter au changement et à initier un partenariat avec les jeunes qui sont les futurs leaders. De plus, les femmes devraient apprendre à se soutenir mutuellement lors des élections.
La réalisation de ce programme qui consiste à rendre les politiques nationales plus sensibles aux questions de genre demande beaucoup d'investissement en termes de temps et de ressources. C'est pourquoi Abantu lance un appel aux différents sponsors sensibles à la cause de la femme, notamment les agences des Nations unies, afin qu'elles contribuent à la réalisation de ce projet.
La contribution des médias dans la vulgarisation des formations et des informations a été soulignée. Il est particulièrement recommandé que les femmes s'impliquent plus dans les métiers de la communication. La création des stations de radio et télévision et d'une presse écrite contrôlée par les femmes est souhaitée.
Le rapport sommaire des ONG présenté à la sixième conférence régionale mentionne qu'il y a une certaine volonté politique pour promouvoir les femmes aux postes de prise de décision. Plusieurs ONGs nationales et régionales suivent également la tendance. Elles effectuent des recherches, fournissent des supports aux femmes dans la préparation de leurs campagnes politiques et mettent à leur disposition des analyses sur les questions complexes etc. indique le rapport des ONG.

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