Par Nana Rosine Ngangoue
La République du Congo, également appelée Congo Braz-zaville, vient de retrouver sa place dans la grande famille des femmes africaines, après avoir été presque invisible dans les grands forums où se décident le devenir des femmes.
Le Congo s'est en effet vu confier la Présidence de cette sixième conférence régionale africaine sur les femmes. Cette marque de confiance constitue à n'en point douter un honneur pour ce pays d'Afrique centrale qui essaie de se soustraire d'une crise politique déplorable qui a clamé des milliers de vies humaines.
Madame Jeanne Dabenzet, ministre congolais de la Fonction publique, des Réformes administratives et de la Promotion de la femme s'est naturellement dit très touchée par cette marque de confiance. C'est avec un ''cœur chargé d'émotions'' qu'elle a succédé à la présidente de la cinquième conférence régionale, la Sénégalaise Aminata Mbengue.
Agée de 56 ans, cette mère de six enfants s'est engagée très tôt dans la lutte pour l'émancipation de la femme, à travers l'Union Révolutionnaire des femmes du Congo (URFC). Elle a également travaillé pour la Fédération Démocratique et Internationale des Femmes (FDIF) qu'elle a représenté à l'UNESCO à Paris.
Comme il a été le cas dans la plupart des pays en conflit, la guerre civile qui a troublé le Congo de juin à octobre 1997, a assurément sapé les efforts menés par ce pays dans la mise en œuvre des différentes plates-formes d'action. Les femmes ont été victimes de violences, de sévices sexuels. Des milliers d'entre-elles ont été déplacées, errant çà et là sans aucun soutien significatif.
De plus, les difficultés socio-économiques caractérisées entre autres par un lourd endettement, une faiblesse de production, une dépendance alimentaire et un système éducatif décadent, sont autant d'obstacles qui ont contribué à annihiler le développement des activités des femmes et entravés leur promotion.
La reconnaissance dont le Congo vient de bénéficier au cours de ce forum est largement méritée, car ses autorités, ses organisations non-gouvernementales et sa société civile n'ont ménagé aucun effort dans leur volonté d'assurer une égalité de chances entre les hommes et les femmes, malgré les nombreuses contraintes suscitées.
Au sortir de la guerre civile, le Congo a entrepris d'élaborer un plan d'action en matière de promotion de la femme pour la période 1999-2000. Brazzaville s'est également dotée d'une politique nationale de la promotion de la femme visant à réduire les contraintes qui pèsent sur celle-ci, en vue de son intégration au processus de développement.

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